Les ombres d’une vie - André Kertész


Charlotte Macé
1ère S8

Compte-rendu d’exposition

Les ombres d’une vie
La rétrospective de l’œuvre d’André Kertész est présentée en ce moment à Paris dans la salle du Jeu de Paume. Né le 2 juillet 1894 à Budapest, cet artiste hongrois rêve très jeune de devenir photographe. Engagé dans l’armée austro-hongroise en 1914, il y réalise beaucoup de ses premiers tirages, qu’il publie dans un journal. Il se rend à Paris à la fin de la guerre pour suivre sa vocation, où il présentera plus tard ses premières expositions. Il part pour New-York avant la Seconde Guerre Mondiale et y réalise bon nombre de ses clichés. Toutefois son oeuvre est dépréciée par les Américains et Kertèsz sombre dans une solitude qu’il exprimera à travers ses photographies. Inspiré du dadaïsme et du surréalisme, il n’appartient cependant à aucun courant artistique. Tout au long de sa carrière, et au cours de ses nombreux voyages, son travail sera marqué par une étude des ombres et des formes, avec notamment les cheminées de New-York et les ‘Distorsions.’
L’exposition présentée à Paris retrace une grande partie de son parcours artistique. On peut en effet y voir ses premières photos de Hongrie, prises avant même son engagement militaire. Viennent ensuite des tirages de soldats et de pays traversés en campagne. On peut observer dans une salle suivante ses travaux sur Paris : silhouettes, gens pressés, détails du quotidien… Il travaillera sur le cadrage de ses œuvres car c’est, selon lui, ce qui détermine tous le sens d’un cliché. En conséquence, l’exposition présente certaines photos en plusieurs exemplaires, chacun sous un cadrage différent. Un pan de mur entier est consacré aux célèbres Distorsions de Kertèsz, nus de femmes pris à travers des miroirs déformants, publiés dans le magazine Vu. Ses œuvres new-yorkaises sont en majorité des paysages : cheminées et toits d’immeubles. Ses derniers tirages lui seront inspirés par sa solitude.
Une de ses premières photographies, Violoniste errant, tirage argentique gélatineux pris en 1921, est caractéristique de son style simple et poétique. Au beau milieu d’une rue hongroise, un violoniste habillé pauvrement joue derrière un jeune enfant. Le sentiment de réalité que dégage cette simple photographie est poignant. Clock of the Académie Française, tirée en 1929, évoque le penchant de l’artiste pour l’ombre et les formes : à travers l’horloge de l’Académie Française apparaît le Pont des Arts et la rive opposée de la Seine. Lost Cloud a été, quant à lui, pris à New-York. Le nuage venu s’échouer seul sur un écrasant building est symbolique de la solitude de l’artiste à la fin de sa vie dans cette ville étrangère à ses origines.
Cette exposition m’a beaucoup plu, je trouve que les photographies en noir et blanc impactent davantage le sujet des clichés que celles en couleur. La sensibilité présente dans chaque tirage m’a également touchée. La poésie de l’œuvre complète de Kertèsz rend cette rétrospective aussi agréable qu’intéressante à parcourir pour le visiteur. Je reprocherais juste à cette exposition l’organisation et le présentation des œuvres, qui ne sont pas ordonnées chronologiquement. L’évolution du style de l’artiste est donc difficile à suivre. Dommage…


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