Basquiat à la Fondation Louis Vuitton


Du 3 octobre 2018 au 14 janvier 2019 se déroule à la Fondation Louis Vuitton à Paris l’exposition Basquiat. Elle retrace la vie de Jean-Michel Basquiat (1960-1988), ce « cambrioleur de la peinture » surgissant par effraction dans l’art du XXème siècle, et nous invite à entrer dans son univers. Sur les quatre étages du bâtiment de Frank Gehry, l’exposition nous présente une centaine de toiles de l’un des peintres les plus marquants de son époque, certaines extrêmement célèbres comme la série des « Heads » de 1981-1982 mais aussi d’autres plus méconnues. Elle suit un parcours chronologique rythmé par des confrontations inédites et des rapprochements thématiques comme par exemple La rue, Les héros et les guerriers, La collaboration avec Andy Warhol…

Une courte vie
On entre dans la première salle face à Sans Titre (Car Crash) (1981), ce traumatisant accident de voiture qui s’ensuivit d’une ablation de la rate du peintre à 8 ans, où transparaît l’esprit d’enfance constant chez Basquiat. Tout au long du parcours, on retrouve dans l’œuvre de Basquiat ce paradoxe entre des traits enfantins, une technique simple, des aplats sans reliefs et des œuvres d’une extrême violence qui dépeignent l’horreur de la mort que l’artiste contient en lui. Il crée avec les cris d’horreur d’un enfant qui regarde la mort, démuni, qui essaie de la conjurer, d’évacuer cette violence mais qui, finalement, est piégé et mourra d’une overdose à 28 ans.

Une peinture tourmentée
Il crache sur la toile tout le bruit et la fureur d’une vie urbaine injuste et effrayante. Ses peintures sont couvertes de traits chaotiques, de graffitis, de couleurs brutes et surtout, de texte désarticulé omniprésent. Mettre des mots sur l’indicible. Mettre des mots sur une colère profonde et insoutenable, qui le consume de l’intérieur : « la colère, c’est 80% de mon œuvre » dit Basquiat. Sa lutte contre la ségrégation et le racisme, sa révolte quant à la place des Noirs dans la société américaine et dans l’histoire de l’art se retrouvent partout dans son œuvre. Lorsqu’on entre dans la salle de ses « héros et guerriers », on se rend compte que cette colère emporte tout, amplifie son désir de devenir un artiste reconnu à l’égal des héros dont il s’inspire, souvent auréolés ou ceints de couronnes : les boxeurs (Joe Louis, Cassius Clay, Sugar Ray Robinson...), les jazzmen (Miles Davis, Charlie Parker...), les combattants (la figure émancipatrice de Samson).

Basquiat peint dans une « urgence » qui éclabousse ses tableaux. Il superpose les couches de peinture, sans aucun respect des règles académiques. Il utilise tous types de supports (portes, toiles, tissus, planches de bois...) pour peindre à tout prix et au plus vite. Il peint plusieurs tableaux à la fois, s’arrête, reviens avec d’autres idées le lendemain, se drogue entre temps, ce qui donne son style brouillon et plein de ratures. Pourtant, certains motifs se répètent comme des visions qui reviendraient sans cesse hanter un esprit malheureux, prisonnier de son cauchemar.

L’exposition retrace chronologiquement la courte vie de Jean-Michel Basquiat jusqu’à Riding with Death (1988), réalisée quelques jours avant la mort de l’artiste. Une œuvre épurée qui tranche avec le chaos de ses toiles précédentes, dans laquelle il monte la mort en la dirigeant comme un cheval harnaché... et l’overdose va bientôt le rattraper. Basquiat est mort. L’exposition est finie. Dehors, les enfants courent et rient dans les allées du Jardin d’Acclimatation, insouciants.

Taolina DAVY, 1èS5


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