Exposition de Tino Sehgal au Palais de Tokyo


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Depuis le 12 octobre, Tino Sehgal obtient carte blanche au Palais de Tokyo. Revisitant les plus grands classiques de l’art contemporain, il cherche à faire de cette exposition une nouvelle façon de voir l’art, le progrès, et le monde qui nous entoure. Cet artiste-chorégraphe nous donne une vision immatérielle de l’art par l’usage de l’interaction sociale, l’humain et la pensée philosophique comme matériel composite de ses œuvres. C’est ainsi qu’il veut redéfinir le sens de ce terme.

Souhaitant garder au maximum l’effet de surprise lors de l’entrée dans son univers, Tino Sehgal, artiste discret, propose peu de publicité, d’article ou de produits témoignant de ses aspirations. Il va même jusqu’à supprimer l’aspect matériel du ticket, le réduisant à un simple tampon sur le dos de la main.

C’est par un rideau de perle que l’on entre dans ce monde étrange et dépourvu de code. Après avoir de nouveau attendu quelques minutes dans une salle au plafond rappelant le jeu twister de notre enfance, la première œuvre de Sehgal nous offre ses portes. En réalité, rien n’est dit sur ce qui est considéré comme une œuvre et ce qui ne l’est pas. Tout peut être partie composante de la riche expérience que nous nous apprêtons à vivre.

A vrai dire, ce n’est pas Tino Sehgal qui nous ouvre les portes mais un jeune enfant, âgé de huit ans plus ou moins, inconnu, qui vient nous chercher par groupe de quatre, et nous entrainer à l’intérieur de notre pensée. Tout commence par cette question « qu’est-ce que le progrès ? ». Libre à chacun de répondre comme il le souhaite, mais le fait est, qu’au cours de notre marche déambulatoire dans ces pièces vidées de couleurs et de meubles, nous serons amenés à réfléchir et à échanger nos idées avec notre groupe et nos guides de quatre générations différentes. Ceux-ci nous entrainent avec légèreté, à travers leurs expériences personnelles, leurs questions et leurs histoires à faire évoluer notre façon de penser sur nous-mêmes, le monde et les codes de la société.

Après nous avoir laissés continuer à pénétrer dans ce monde que l’on pourrait qualifier de surréaliste, notre curiosité nous emmène par des sons mélodieux aux abords d’une salle entièrement sombre. Privés de tout repères, l’atmosphère ne nous parait cependant pas inquiétante. En effet, la musique enjouée et entrainante nous laisse aller à l’imagination d’une possible figuration de ces sons. Puis, au fur et à mesure que nos yeux s’accoutument à la pénombre, on découvre une véritable chorégraphie effectuée par des acteurs, danseurs et chanteurs à la fois. L’émerveillement devant la capacité de ces personnes à nous faire ressentir des émotions alors même que l’on vous prive de la vue, nous montre à quel point nos quatre autres sens ne sont pas assez exploités.

C’est ainsi qu’après s’être ressourcé pendant plusieurs heures auprès des nombreuses chorégraphies et mises en scènes, plus exceptionnelles les unes que les autres, on sort de notre bulle tristement, et part affronter les autres réalités que nous propose le monde urbain et ses acteurs quotidiens.

Diane Robert


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