Niki de Saint Phalle


L’exposition consacrée par le Grand Palais à Niki de Saint Phalle est la plus grande rétrospective dédiée à l’artiste depuis 20 ans. Du 17 septembre 2014 au 2 février 2015, vous aurez l’occasion de vous pencher sur les créations de Niki, qu’elle a toujours souhaitées accessibles au public.
Niki de Saint Phalle, franco-américaine née en 1930 et morte en 2002, est une des artistes les plus populaires du milieu du XXème siècle. Elle est à la fois peintre, plasticienne, sculptrice et réalisatrice de films. Lorsqu’on évoque son nom, on pense à ses célèbres « Nanas » joyeuses et colorées, mais on oublie la violence, la radicalité et l’engagement de son œuvre, qu’il s’agisse du contenu politique et féministe, de l’audace de ses performances ou de l’ambition de ses réalisations dans l’espace public. C’est l’une des premières femmes à acquérir de son vivant une reconnaissance internationale et à jouer de sa personnalité médiatique.

A 20 ans, Niki commence à peindre. Insatisfaite du résultat elle se tourne alors vers l’assemblage d’objets pour réaliser des sculptures de femmes comme on en avait jamais vues. Ces œuvres dénoncent la souffrance et la douleur que les femmes subissent au sein de la société patriarcale. Saint Palle se tourne ensuite vers une image de la femme plus enjouée : la femme libre représentée par des Nanas géantes et puissantes aux formes protubérantes et aux couleurs criardes. Cependant, la gaité et la noirceur ne cesseront de coexister chez cette artiste. Dans les années 60, elle commence ses Tirs, performances filmées au cours desquelles elle tire sur la bêtise, la guerre, l’église, le racisme, le sexisme, l’inceste…
Douze ans après sa disparition, le Grand Palais écume tous les sujets qui fâchent et qui ont servi de moelle épinière à l’œuvre de Niki de Saint Phalle. S’il y a une chose à retenir de cette exposition, c’est ce visage, cette voix et cette présence au monde, que l’on retrouve dans tous ses interviews et portraits télévisés, mais aussi au travers d’une petite autobiographie émouvante dessinée et présentée planches par planches. A la fin du parcours, Niki nous offre une démonstration de force avec sa série de “Tirs”, qui restera sans doute comme la plus percutante de sa carrière, et celle qui imprime notre souvenir avec cette guerre contre le mur de la rage.
Parmi ses nombreuses œuvres, nous en retiendrons deux particulièrement marquantes :
Un grand panneau, intitulé King Kong (1963), associe entre autres une attaque aérienne contre des tours d’une grande ville (étrange présage du 11 septembre), des masques de dirigeants politiques, dont le général de Gaulle, et un accouchement - thème récurrent de l’œuvre de l’artiste. Dans cette œuvre, Niki dénonce avec une grande aisance la guerre, les dirigeants politiques, la société patriarcale et la souffrance de la femme.
Admirons à présent l’une de ses nanas, qui porte le nom de Rosa Parks, figure de la lutte contre la ségrégation raciale aux Etats-Unis. Cette figure est l’emblème des luttes de Niki : égalité des races, mais également égalité des sexes.

Hommes, nanas, enfants, découvrez le regard violent, jovial ou apocalyptique que Niki porte sur notre monde.

Camille Le Gac


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