Kapoor Versailles


Depuis quelques années, la tradition veut que le château de Versailles invite un artiste à exposer ses œuvres. Après les sculptures de bronze de Giuseppe Penone, et le jeu de reflets de Lee Ufan, c’est au tour d’Anish Kapoor d’installer ses sculptures monumentales entre les bosquets et les fontaines des célèbres jardins de Louis XIV.

L’exposition est ouverte au grand public, amateurs d’arts ou touristes de passage, du 9 juin au 1er novembre 2015.

Anish Kapoor est un artiste britannique, né à Bombay, en Inde. Ses créations s’inspirent des deux cultures dont il est issu : occidentale et orientale. Ce plasticien est mondialement connu pour ses œuvres modernes, épurées mais aux couleurs intenses. Elles sont basées sur des formes géométriques simples, le plus souvent des tubes, des cubes ou des disques.
Un des ouvrages les plus emblématiquesde son travail est Cloud Gate, une immense sculpture urbaine située en plein cœur de Chicago : elle reflète la ville en déformantles bâtiments.

Pour son exposition dans les jardins de Versailles, qui est une vaste promenade dans l’univers de l’artiste, Kapoor désire troubler la symétrie parfaite élaborée par Le Nôtre.Il installe également un contraste entre la modernité de son style et le classicisme des jardins à la française. L’immense espace que lui offre le parc du château semble idéal.
Plusieurs des œuvres exposées s’alignent sur la grande perspective, entre le château et le grand canal. Ainsi, Kapoor joue avec l’image du lieu, notamment grâce aux immenses miroirs déformant installés au pied même du château : cette allusion à la célèbre Galerie des Glaces nous renvoie un reflet déformé des jardins.

La réalisation la plus importante de l’exposition est Dirty Corner, surnommée le « vagin de la Reine ».Elle l’est par son emplacement - sur la grande pelouse faisant face au bassin d’Apollon, le « tapis vert » - par ses dimensions - un tube d’une soixantaine de mètre - mais surtout par la polémique que cette œuvre a soulevée : la connotation sexuelle assumée par Anish Kapoor choque et dérange une partie du public. De plus, au vu de ses dimensions, elle cache une partie de la perspective si célèbre du grand canal.
Certaines personnes sont allées jusqu’à affirmer que Kapoor faisait « honte » à l’art avec son « tas de gravats » au centre d’un lieu historique aussi visité. A plusieurs reprises, l’œuvre a été saccagée, de nombreux graffitis et inscriptions antisémites et royalistes ont été peintes en grandes lettres blanches de chaque côté. Au-delà d’un désaccord artistique, il semblerait que ces attaques aient une signification politique.
Le château de Versailles, le président de la République et la ministre de la Culture dénoncent fermement cette atteinte à la liberté d’expression.

Anish Kapoor, quant à lui, souhaite conserver les inscriptions, en disant que « ces mots infamants font partis de l’œuvre ». Néanmoins, les insultes ont été recouvertes par une couche de peinture dorée, laissant apparaitre une partie des lettres comme un témoignage de cette tentative de dégradation et d’intimidation raciste.

Kapoor ne se base pas uniquement sur l’esthétique. L’ensemble de ses œuvres, et particulièrement lors de cette exposition à Versailles, laisse au spectateur la liberté d’interpréter par lui-même le sens de la réalisation, selon sa propre vision de l’Art et sa sensibilité.

- Jeanne MAGNAVAL -


Agenda

<<

2017

 

<<

Avril

 

Aujourd’hui

LuMaMeJeVeSaDi
     12
3456789
10111213141516
17181920212223
24252627282930
Aucun évènement à venir les 2 prochains mois